évènement: Penthésilée


Ce soir par permission spéciale, Penthésilée, pièce canine. Personnages : des héros, des roquets, des femmes. L’héroïne déchire celui qu’elle aime, et le dévore, poils et peau, jusqu’au bout. » C’est ainsi que Kleist (1777-1811) livrait sa Penthésilée au public. Son écriture est un extraordinaire mobile pour le jeu, tout à la fois puissante et fragile, sublime et dérisoire, exigeant la viande des acteurs, un emportement véritable et de soudaines absences insaisissables, somnambuliques et monstrueuses. Kleist souffle en moi comme une vessie de cochon, pour reprendre les mots de Kafka. Je me retrouve avec un plaisir particulier et une drôle d’évidence dans cette matière qui tient de l’acte magistralement manqué, dans la mauvaise foi de cette héroïne morcelée, empêtrée dans les fils de son existence, qui comme souvent chez Kleist devra accepter de tout perdre pour être sauvée.