évènement: Nature morte/Nature vivante CID-Grand Hornu


©Lieve-Van-Stappen

Depuis la fin du XVIIe siècle, la langue française utilise l’expression nature morte pour désigner le domaine de la peinture qui traite la nature de manière sensuelle et fait explicitement allusion à sa fragilité, son caractère éphémère et indirectement à la vanité de l’intervention humaine sur les éléments qui la composent. Au fil du temps, la notion s’est étendue à tout assemblage inanimé organisé d’une certaine façon dans une intention symbolique et censé dégager une émotion poétique. À notre époque, baptisée « anthropocène », l’action intempestive de l’homme contribue à l’impermanence de la nature, voire à son anéantissement. Dans cette sombre perspective, les termes nature morte prennent tout leur sens. Cependant la nature possède un formidable pouvoir de régénération. Les travaux de nombreux esprits créatifs interrogent, suscitent ou favorisent les mécanismes que la nature met en œuvre pour assurer sa vivacité, sa reproduction et sa durabilité. En réalité, chaque état de la matière n’est qu’un instantané d’un long et lent processus évolutif de transformation, agrégation, assimilation, décomposition… La nature est bien vivante !

Dans cette exposition proposée par le CID, des designers, des architectes et des artistes témoignent de recherches intenses, concrètes ou expérimentales, qui questionnent la relation entre l’homme et la nature en convoquant indifféremment l’écologie, la science, la conscience morale et la création artistique.

Nature morte/Nature vivante révèle combien le rapport ambigu que l’homme entretient avec la nature peut être, tout à la fois, pervers et inspirant.